Apéro littéraire : présentation du livre "la main invisible"

Onglets principaux

Mercredi, 30 novembre, 2016
19H-21H inscription préalable : financelaneuve@gmail.com
Alain Tihon

Livre  ‘LA  MAIN  INVISIBLE’  - Credo in invisibilem manum -  A. TIHON.

Découverte de cet ‘essai’ par Jacqueline André, Louvain-la-Neuve, ce 22/11/2016,

 

Par sa couverture rouge-sang, le dernier ouvrage d’Alain Tihon attire le regard. Son titre également, de prime abord, ne laisse pas indifférent…

Et ce qui impressionne encore plus, c’est la ‘Table des matières’ : premières pages de ce livre, les titres des chapitres (sans numéros) tracent un chemin, une ‘lignée’ de propositions qui, d’emblée, se révèlent être des ‘balises’.

Nous commençons ce pèlerinage ‘tous terrains’ par … La Procession !

 

En deux temps, trois mouvements, ou plutôt : en seulement deux pages, trois paragraphes, nous voici noblement informés des étapes essentielles du développement bancaire, en lien avec l’avènement du nouveau libéralisme. Vous n’êtes pas ‘spécialiste’ en économie… qu’importe, ou plutôt : tant mieux ! Car, par ce court chapitre de neuf pages, les notions-phares de cet essai vous sont proposées dans une langue riche (et aussi agréable à ‘écouter’ qu’à lire), dans un langage structuré où les termes utilisés ont tous leur pertinence et la puissance de leur contenu sémantique (et de leurs interactions mutuelles).

Jugez par vous-mêmes : « Ce livre est un essai […] né d’une réaction faite de dégoût et d’indignation face aux destructions que l’homme inflige à la nature, au mépris dont il fait preuve à l’égard de sa « terre mère » […], à l’arrogance monstrueuse des puissants et des riches. Il s’agit d’une tentative pour explorer, comprendre et expliquer comment […] le système sociétal en est arrivé à s’asseoir sur les deux bombes de climat et des inégalités. » (p. 19).

 

En explorant notre représentation du système sociétal, nous entrons dans la complexité. De constat en constat, notre vision s’ouvre et organise autrement ses repères d’origine : le système sociétal global se révèle être « dynamique, il vit, il évolue. […]Il suit les lois de l’évolution qui vont dans le sens d’une diversification et d’une complexification toujours croissante… […] La réalité du système sociétal est d’être en développement. » (p. 35).

 

Combien intéressante alors devient l’exploration de la « mécanique » du système sociétal ! En découvrant les caractéristiques d’un SCA (système complexe adaptatif), l’émergence des pôles d’attractions, les « grappes adaptatives », nous voilà entraînés dans une spirale de compréhension de plus en plus vaste. Notre esprit s’ouvre pour appréhender une présentation éclairée de notre ‘monde’ et de son fonctionnement, avec le dévoilement des multiples interactions des différents systèmes sociétaux. Et tout ceci : agrémenté d’exemples dont le sens est aisé à saisir, la pertinence évidente.

 

 

Et ainsi de suite, de chapitre en chapitre : en route vers l’Etat-providence, la révolution néolibérale, en relevant les fruits de l’arbre néolibéral. Quel bonheur d’enfin ‘comprendre’ comment ces notions sont reliées entr’elles, ou combien nous sommes si souvent ‘dés-informés’ par trop de chiffres et de statistiques ‘simplistes’ ! Quelle clarté apportent les définitions qui parsèment l’ouvrage… Quel soulagement de lire combien (mais aussi : comment !) les dysfonctionnements du modèle industriel ont mis à mal la production agricole, les productions agricoles.

 

Oui, comme l’affirme l’auteur (avec tant d’autres ‘penseurs’, cités dans le livre) : un autre modèle est possible (titre du paragraphe p. 140), une nouvelle prospérité est envisageable.

Moyennant une transition : présentées en trois pages de tableaux (Figure 9 et Table 2, p. 150 à 152), 12 propositions pour une transition vers une prospérité sans croissance sont alignées, clairement exposées, avec les exemples adéquats.

 

Mais, reconnaissons-le avec l’auteur : « les vagues de la transition se heurtent à nombre de brise-lames […] capables de provoquer le doute, l’incertitude, et d’énerver la nécessité d’agir. » (p. 167).

Comment alors sortir de l’entre mondes ? Sans vouloir conclure avec ce dernier chapitre, l’auteur semble nous inviter à y ajouter chacun(e) le nôtre, à prolonger son ouvrage selon et par nos propres engagements citoyens.

 

C’est par une ‘prise en main(s)’ bien visible qu’Alain Tihon nous a informés, éclairés, instruits, réconfortés et fortifiés, pour faire émerger de l’implicite ce qui semblait s’y ‘terrer’… En effet : si ses propositions « sortent des sentiers battus et changent radicalement notre manière de voir les choses […], elles sonnent le glas d’une économie idéologique au profit d’une économie de la réalité. » (p. 181).